Small Talk.

Photo datant de mai 2012 à Paris, par ma cousine avec qui je m’entends une fois sur cent 
mais que j’aime toujours autant.
Small talk, pour ceux et celles qui ne le savent pas, signifie « papotage » en anglais. Pourquoi appeler cet article « small talk »? Parce que j’ai envie de papoter.
Y a bien longtemps que je n’avais pas donné mon avis sur quelque chose sur mon blog, après mes fameux articles sur les blogueurs et le marketing, les relations amoureuses de nos jours ou les récentes guerres dans le monde.
En effet, depuis que je blogue (et ça fait maintenant 10 ans), mes blogs n’ont eu que pour but de divertir les lecteurs avec des photos de mode, clichés de soirées, sorties plus ou moins branchées, créations graphiques, etc.
Et aujourd’hui je m’ennuie, donc m’adresse à vous à travers ce journal ouvert.
Faut-il encore que je me présente comme il se doit, sachant que la plupart de mes lecteurs ne me connaissent pas (et je salue mes proches qui passent souvent par ici, je vous embrasse tendrement).
Bonjour, je m’appelle Mariam. Mariam? Un nom que personne ne retient en France, à moins d’avoir connu quelqu’un qui porte ce nom. Mariam vient des prénoms musulman Mariem, juif Myriam et chrétien Marie. Autant dire que mon nom est rempli de significations religieuses, ce qui est bien dommage car je suis pour le moment athéiste.
Quand j’étais petite, je m’énervais souvent car les maîtresses d’école et personnes qui s’occupaient de mes camarades et moi ne faisaient pas l’effort de retenir mon nom et préféraient m’appeler Myriam ou Marion car selon eux, Mariam c’est compliqué. (go fuck yourself.)
Comme je le disais dans un article précédent, mes deux parents sont Peulh et viennent du Mali, et vivent en France depuis le début de leurs études (soit depuis presque 40 ans). Je suis née à Rambouillet dans les Yvelines (78), à l’époque où mes parents vivaient en région parisienne.
A mes un ou deux ans, nous avons déménagé à Bordeaux, plus précisément à Pessac dans la banlieue bordelaise. Mon père, ayant beaucoup de talent pour le dessin, a dessiné et fait construire notre maison dans les nouveaux quartiers bourgeois aux alentours du Golf de Pessac. Autant dire que mon frère et moi avons jouit de grands espaces verts où jouer avec nos copains!
J’aimais déjà la marinière et les chapeaux à l’époque…
Vivant dans ce genre de lieu, de la maternelle jusqu’au collège, je fus toujours la petite fille « de couleur ». Il y a beaucoup de choses que je ne comprenais pas: pourquoi tous mes amis avaient le teint plus pâle que moi, pourquoi personne ne dessinait de bonshommes avec les feutres marrons et noirs (à part pour me représenter) et pourquoi je tenais tant à trouver de la peinture beige pour peindre ma peau (excusez moi, je n’avais que 5 ans). Heureusement pour moi, entourée de personnes éduquées, je n’ai jamais souffert de rejet ou quoi que ce soit à cause de mon apparence. Si je me faisais jeter par mes meilleures amies, c’était souvent à cause d’histoires de jalousie/crêpage de chignon bien féminin, ou de cartes Pokémon.
Malgré le fait qu’arrivé au collège et au lycée, différentes populations de toute origine sociale se mélangent, il n’y a toujours eu que très peu de personnes métissées dans mes établissements. Et étant donné que tout mon entourage a toujours eu le teint clair, je suis devenue une « bounty ». Ce surnom m’amuse, et signifie « noir à l’extérieur, blanc à l’intérieur », comme la confiserie. En fait, je ne fais plus aucune différence entre les couleurs de peau possible, je suis devenue comme mes copines. La seule différence est que je ne connais pas les coups de soleil!
Ce qui m’ennuie, c’est quand je rends visite à ma famille au Mali et qu’on me fasse remarquer mes manières et mon mode de vie tellement différents de celle de mes cousines qui ne sont pas nées ou qui n’ont pas vécu en Europe. Et ce qui m’ennuie encore plus, c’est qu’en passant dans les rues françaises, des « bledards » ou blacks un peu trop fiers d’eux se permettent de dire que je ne ressemble pas à leurs « sistas ».
Hé! Je n’ai pas vécu à Bamako, en plein Sahara, à Barbès où au fin fond de la Grande Borne à Grigny. Mes parents n’ont pas débarqué en France sur un radeau branlant en passant par l’Italie (les clichés ont la vie dure) et ne sont pas balayeurs ou videurs (les clichés ont vraiment la vie dure, respect à eux ce sont des boulots ingrats et difficiles) mais pharmacien et DRH. Je ne vois pas l’intérêt de me déguiser, me mettre en boubou avec une coupe afro pour faire plaisir aux gens du pays alors que ça ne me ressemble pas. J’ai le visage plutôt fin pour une africaine, le pagne et le foulard sur la tête va mieux aux autres qu’à moi.
Pourquoi faire toujours cette différence entre les cultures?

 

Alors, étant un mélange de plusieurs cultures et éducations, je me suis toujours un peu cherchée. Je reste fascinée par les gens qui me parlent avec passion de leur pays ou de leur région, savant exactement là d’où ils viennent, que ce soit des amis Basques, un ex Breton, une amie d’enfance Canadienne ou une connaissance Laotienne. Je cherchais mon style… passant du bobo au girly, du grundge au hip hop, de la gyaru au punk soft.
Hier, alors que je me distrayais en lisant les commentaires des premiers articles de Jeanne Damas (je fais souvent ça, c’est fou comme les gens peuvent être sans gêne et me conforte dans l’idée de ne jamais activer les commentaires sur mes blogs), je suis tombée sur cet article de Marie, Une Chic Fille, sur Charlotte Gainsbourg (dont je suis folle) et son attitude: A LIRE. J’ai trouvé qu’elle avait foutrement raison! J’ai passé tant de temps à me chercher, à essayer plusieurs styles, plusieurs coiffures pour au final ne passer son temps qu’à se sentir déguisée… finalement, au lieu de poser tous les 4 matins devant un appareil photo pour nourrir un blog mode avec mille styles différents, autant que je trouve le mien et le garde une fois pour toute. Et je remarque que les blogs les plus suivis sont ceux des personnes qui ont un univers qui leur sont propre et qui restent fidèles à cet univers.
Petit montage photoshop réalisé hier. Charlotte Gainsboug en portrait et lors de la campagne de pub Gérard Darel. « Terrible Angel » est ma chanson favorite.
Mon dressing est plein à craquer de chemises, hauts, robes, jupes, lingeries, pull, sweat-shirts, jeans, pantalons, shorts, chaussures, foulards, vestes, manteaux, sacs, ceintures, bijoux, bonnets, chapeaux… mais je me rends compte que je mets toujours la même chose, ce qui reste le plus agréable à porter et qui me va le mieux. Pourquoi céder à autant de consommation si ce n’est que pour en utiliser 5%? Alors, à chaque fois que je me rends compte de ceci, je remplis des valises entières pour mes petites cousines du pays (la prochaine cargaison arrive bientôt les filles!) ou pour Emmaüs. Ma mère me dit toujours qu’on gagne bien plus à donner qu’à vendre.
A maintenant 21 ans, je crois que je suis en train de trouver petit à petit mon style et mon style de vie: des chapeaux (j’adore les couvre-chefs en tous genre), le (faux) cheveu lisse à l’européenne, le maquillage sobre (bb cream, eye liner, mascara, blush, rouge à lèvre pour les soirées), les tuniques mousseline en coton et/ou en soie, les foulards en laine et/ou en soie, des jeans slim de bonne qualité évidement, des robes élégantes pour la nuit, des talons originaux pour la nuit et des bottines à petits talons pour la journée. Du beau et du confortable effortless. Un style à la française quoi.
woooh le petit montage-collage photoshop dégueu pour illustrer le tout! 
(ce qui est bon c’est que je peux me grandir, me mincir et m’ajouter des Vuitton :p)
 
Ce que j’aime à Bordeaux, c’est que quand on fait l’effort de connaître les gens, le vie peut être vraiment sympa. Le mode de vie est divin pour des étudiants comme moi: on ne passe pas des heures dans les transports en commun pour aller travailler ou étudier; le temps est toujours agréable (sauf cette année); la ville est magnifique; tout le monde se retrouve en début de soirée pour prendre un verre, se goinfrer de tapas et discuter durant des heures; les plages landaises, du pays basque ou le Cap Ferret ne sont qu’à quelques heures de voiture; la montagne et l’Espagne ne sont pas loin; le vin est divin; on peut sortir tous les soirs si on a un bon carnet d’adresses. Et pour les familles, les espaces verts et de détente ne manquent pas; des résidences et des pistes cyclable poussent partout; de grands groupes d’enseignement privé de battent pour avoir vos enfants de la maternelle et lycée et deviennent les gosses les plus en vue de la ville… Bref, mon ami R. et moi nous disions que dans l’idéal, si nous avions une famille nous viendrions nous installer à Bordeaux ou dans sa banlieue proche à l’image des parisiens qui n’en peuvent plus de leur capitale
Ah. Et tout à fait autre chose…d’où ça vient ce surnom Saëlle?
Ce surnom m’a été donné par ma mère et mon frère, en hommage à la région du Sahel d’où vient ma mère. On féminise un peu le tout et ça donne un second nom, comme une seconde naissance, Saëlle. Ce qui me connaissent depuis peu m’appellent désormais comme ça et ça m’enchante beaucoup. Encore une façon de me rapprocher de l’état de « bounty »? Peut-être…

 

Je n’aime pas qu’on me prenne pour ce que je ne suis pas.
Malheureusement (ou heureusement, je ne sais pas), je suis souvent tombée dans ma vie amoureuse sur des garçons « blancs » qui n’aiment que les « noires » (hé oui, les africains ne me tapent pas dans l’œil.  Comme mon frère le dit, ayant toujours vécu entourés de caucasiens, avoir l’impression de sortir avec un membre de sa famille ne nous attire pas tellement…). Or, en sortant avec moi, ils s’ennuyaient souvent. Dommage, je ne suis pas aussi colérique et caractérielle que les « sistas » nées au pays et/ou ayant toujours vécu dans des cités chaudes et qui mettent le grappin sur ces doux garçons amoureux de l’exotisme et « tchipent » à tout va. Niafou? Je sais que des petites beurettes et blackettes qui sont très bien là où elles sont et comme elles sont se retrouveront dans mes dires. Désolée, je suis bien une blanche avec la peau chocolat, je suis ponctuelle et à cheval sur la bonne formule, la culture générale et l’orthographe, je ne sais ni chanter ni danser et je n’aime pas non plus le manioc. xoxo, Mademoiselle Saëlle.
A lire, Je suis noir et je n’aime pas le manioc, par Gaston Kelman, un bijou.
 
Les prochaines illustrations de l’Art est [f]utile sont en cours de réalisation, patience !

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